6 février 1858

« 6 février 1858 » [source : BnF, Mss, NAF 16379, f. 27], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.4991, page consultée le 26 janvier 2026.

Sans reproche, mon cher petit bien-aimé, je t’ai à peine aperçu aujourd’hui, je compte sur un bon petit thé de [rabiot ?], comme dit le citoyen Quesnard, ce soir. Jusque là, je me fais de la patience comme je peux en pensant à toi et en t’aimant de toutes mes forces. Du reste, je suis consternée de ce que tu m’as dit pour Marie1 car je ne sais que devenir avec mes guenilles coupées, décousues, commencées, et en train. D’un autre côté je sens que ton travail ne peut pas attendre. Aussi, quel que soit mon embarras, que te la laisserai mais ce n’est pas sans peine. Tu remarqueras, chemin faisant, quel guignon me poursuit en toute chose, grande, petite ou juste milieu. [Ceci ?] accordé, je reprends mon impassibilité et je t’attends le sourire sur les lèvres et l’amour dans le cœur. Tâche de venir bien vite pour me consoler de ma mésaventure de couturière et puis pense à moi de loin, et aime-moi toujours et partout.

Juliette


Notes

1 Marie Turpin : Couturière embauchée occasionnellement par Juliette et Hugo.

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.

  • 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
  • 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.